• Mon "coming out"

    Cette expression ne signifie nullement chez moi une quelconque révélation d'homosexualité !! C'est dans un tout autre domaine que je voudrais faire ce "coming out", celui de la RELIGION ! En d'autres termes: "rejet de la Foi ou éloignement/rejet de l'Église"

    Dans les articles précédents vous aurez pu voir que dès l'âge de 14 ans j'ai littéralement "baigné" dans la religion ! Cela a commencé peu après ma "confirmation" avec la fréquentation régulière d'un groupe de jeunes local,Mon "coming out" par de réguliers week-end en compagnie des chrétiens de l'église de la "Bonne Nouvelle"

     

    Mon "coming out"qui, d'ailleurs, existe toujours. Cela a continué par des soirées d'évangélisations publiques durant lesquelles les orateurs jouaient sur la fibre émotionnelle de l'auditoire, sur la culpabilité, sur la "peur d'un au-delà sans Dieu" Et ces soirées finissaient toujours par un appel urgent à la "conversion" et...le résultat était garanti Mon "coming out"!

    émotions, pleurs, reconnaissance d'un état de pécheur etc Souvent c'est par dizaines que les "pauvres pécheurs" s'avancaient vers la tribune pour témoigner de leurs désirs de changement, "d'acceptation de Jésus comme Seigneur et Sauveur"

    Vous devinerez facilement que moi aussi j'ai succombé aux paroles insistantes et convaincantes de l'un de ces orateurs et que j'étais alors "né de nouveau"(1), terme pompeux qui vous garantissait non pas une vie éternelle terrestre (heureusement !) mais une vie éternelle céleste.

    A cette époque certains de mes amis sont devenus pasteurs, prédicateurs à leur tour, missionnaires. Pour ma part je suis resté davantage terre à terre en fréquentant simplement des groupes d'évangélisation comme "Kumbaya",Mon "coming out" en faisant des camps de jeunes, une colonie de vacances ou on enseignait la Bible aux enfants. J'ai même été apporter la "Bonne Nouvelle" aux Suédois avec l'un de ces


    groupes;Mon "coming out" faut croire qu'ils en avaient peut-être besoin à l'époque. Ce fut une période très riche en expériences pour moi, une époque dont j'ai de très bons souvenirs. Une époque ou j'ai été comblé le jour ou, revenant du Sud-Ouest de ma colonie, je fais la connaissance, dans une arrière cour...d'église de celle qui, 3 ans plus tard, deviendra mon épouse.

    D'autres camps ont suivi mais mon entrée dans la vie active a quelque peu tempéré ces "activités évangéliques" et puis j'étais tombé amoureux !

    Une nouvelle tranche de vie commençait pour moi. Je n'étais plus seul et c'est donc à deux que nous avons continué le cheminement chrétien. Encore une fois vous aurez deviné facilement que ma future moitié était aussi chrétienne !
    Par contre il y avait un petit hic (ôh en apparence pas grand chose): mon amie était issue d'une "Eglise Evangélique Luthérienne" et moi je fréquentais à cette époque une Eglise Methodiste. Le comble est qu'elle habitait dans la cour de cette église !! Vous me direz "mais ou est le problème" ?

    Le problème n'était pas forcément chez elle mais bien davantage chez ses parents, ses familles bercées depuis leur tendre enfance dans cette église, dans l'esprit des pasteurs, diacres, professeurs de théologie de ces EEL ! Un monde fermé, opaque à toutes autres dénominations toisées de haut, de façon condescendante.
    Le jour ou j'ai demandé la main de ma future épouse mon futur beau père m'a dit "ok mais je ne veux pas de réclamation plus tard" ! Il ne se doutait pas encore de ce qui allait suivre. Un an après nos fiançailles: notre mariage à...l'église méthodiste ! On ne leur parlait pas trop du fait que nous avions, d'un commun accord, commencé à fréquenter cette église. Nous étions aussi devenus très actifs au sein du groupe d'évangélisation "Kumbaya", ma future épouse dirigeant la chorale du groupe et moi comme technicien sono. D'ailleurs futur beau papa a même contribué, en toute connaissance de cause, à la réalisation technique de la partie éclairage de scène !

    Vinrent enfin, après juste un an de fiançailles officielles,  les faire part et les préparatifs du mariage et là, douche froide pour les futurs beaux parents qui, de tout temps s'imaginaient un mariage dans "leur église", leur EEL ! Mais nous avions décidé, non pas par esprit de contradiction, mais plutôt par conviction, pour éviter de froisser les parents de part et d'autre, de nous marier à l'église méthodiste.Mon "coming out"Je ne m'éterniserais pas sur l'ambiance plombée par cette "triste nouvelle" car pour eux ce jour de mariage fut bien davantage un jour de deuil qu'un jour de joie ! Et donc pour éviter l'envenimement, nous n'avons pas mis nos deux familles à contribution (la mienne non plus même si elle était parfaitement d'accord avec notre choix) Comment se réjouir avec les paroissiens, la famille, les invités, les amis, dont un bon nombre de Kumbaya qui se sont produits en chantant à la cérémonie ?

    Nous étions tous deux stressés à l'extrême, avec une vague impression de culpabilité. Le dîner aussi s'est déroulé dans une ambiance plus que plombée, sans joie, sans danses (peur que ce soit inconvenant aux yeux des beaux parents !) et mes parents m'en ont bien sûr fait la remarque ultérieurement "jamais ils n'avaient vécu un tel mariage" ! Comment pouvais-je me justifier sans incriminer la famille de mon épouse ?

    Le contrecoup n'a pas tardé à se faire sentir; le lendemain de notre "nuit de noce" (surtout passée à ranger et nettoyer !) mon épouse a craqué: crise de nerfs, pleurs, cris violents et moi, impuissant, je ne pouvais qu'assister à la scène. C'était malheureusement, le début d'une longue, très longue série.

    Mon "coming out"Malgré tout nous avons participé à certaines activités (camp d'évangélisation "Punch 74" sur les cotes du Roussillon)Mon "coming out" - Eurofest 1975 à Bruxelles avec le grand évangéliste américain, Billy Graham

    Nous avons essayé de tenir bon, de nous serrer les coudes, bref de rester là ou nous nous sentions bien, sur le plan spirituel: l'église méthodiste et Kumbaya. Mon "coming out"
    Mais "le ver était dans la pomme" (sans jeu de mot en rapport avec mon épouse ) et son mal-être a continué à la miner de telle sorte qu'après de gros différends, après une tentative d'exorcisme sur elle, elle a été exclue du groupe de chants "Kumbaya" et, bien entendu comme époux, j'ai suivi le mouvement d'autant plus qu'à cette époque j'avais un gros problème de santé. J'ai, psychologiquement, très mal vécu cette "mise au ban".

    La musique, le chant étaient (et le sont toujours) pour mon ex-épouse, une passion, un don. Il a donc fallu très rapidement compenser cette brusque lacune et trouver une nouvelle responsabilité dans cet art.
    C'est dans l'église même ou nous nous sommes mariés qu'elle a trouvé place pour ses dons en prenant la responsabilité de la chorale.

    Trois années se passent avant la 1ère naissance, dans la foulée la "présentation à l'église" (à ne pas confondre avec le baptême !) suivie par une seconde naissance quelques années plus tard avec, également, "présentation". Je précise que, suivant les traditions, chaque enfant a eu son couple de parrain/marraine - Nouvel épisode de tensions avec les beaux parents (eh oui sans baptême à l'eau ça dépassait leur entendement et leurs convictions !)

    Mon épouse continuait d'être "psychologiquement instable", se sentant de plus en plus coupable envers ses parents et son église d'origine. Les grands pasteurs théoriciens de cette église (JTH pour ne pas le nommer) ne "lâchaient pas l'affaire", continuant d'entretenir sa culpabilité, la cuisinant pour un éventuel retour à la bergerie, à ses fondamentaux de l'EEL.

    Et pourquoi un tel acharnement ? pour la simple et bonne raison qu'en plus de diriger la chorale de l'église méthodiste, Mon "coming out"elle a également accepté de diriger celle d'une EEL !! Quel péché, quelle trahison, quelle hérésie ! certaines personnes ne pouvant l'accepter, n'ont cessé leur harcèlement que le jour ou elle a abandonné la direction de la chorale méthodiste et, peu de temps plus tard nous avons même cessé de fréquenter les paroisses de l'église méthodiste pour, soi-disant éviter de faire autant de kilomètres chaque dimanche ! Un harcèlement qui aura sans doute amené mon beau-père sur son lit mortuaire en 1986.


    Ca y est le mouton était revenu à sa bergerie d'origine ! La chorale de l'EEL avait à nouveau un dirigeant ! Mon "coming out"Une nouvelle fois je l'ai mal vécu, mais sans me confier. Les années passent, constamment ponctuées par de violentes crises de nerfs de mon épouse; des crises très dures à gérer. Combien de fois les pasteurs n'étaient-ils pas sollicités pour une "cure d'âme" ou pour tenter de la calmer, de la raisonner. Les enfants grandissent, fréquentent le catéchisme pour préparer leur future confirmation. J'accompagnais tous les dimanches la petite famille aux cultes sans être membre d'aucune paroisse.

    1991, deux événements majeurs: tout d'abord la confirmation Mon "coming out"de notre fille puis un épisode majeur: lors de nos vacances en camping dans le Jura,Mon "coming out" mon épouse, toujours plus perturbée par les instances de son église, mal dans sa peau, a un nouvel accès de "crise de nerfs". Mais cette fois-ci elle laisse éclater les raisons de son mal-être profond: c'est moi le responsable; je suis mis au pied du mur: "tu as le choix: ou bien tu deviens membre de "notre" paroisse, ou bien on divorce"
    Aie, aie, rien que ça ! clairement envoyé ! Je m'attendais à tout sauf à cet ultimatum en bonne et du forme !! Ma réponse ne sera pas immédiate; je me laisserais le temps de la réflexion mais pour la "paix du ménage", et surtout pour éviter un divorce, en automne de la même année je céderais au chantage en devenant membre de la paroisse.

    A partir de là tout semblait baigner dans le meilleur des mondes.

    1994, confirmation de notre fils Mais les apparences sont trompeuses car mal-être d'un côté, frustrations et déceptions de l'autre, plus grand chose allait bien dans la famille qui de toute façon, avec le départ en études des enfants, commençait à s'effriter. D'autres erreurs conjointement partagées (sans entrer dans les détails) ont fini d'éroder ce qui restait du couple, d'autant plus que ma ''mise au ban'' du monde du travail avait du mal à être gérée.

    Et la sentence tant redoutée, tant reportée est tombée: mon épouse, après 25 ans de mariage, via une lettre de son avocat un 3 déc. 1999, demande le divorce ! Coup de massue inattendu et brutal pour le "handicapé" que j'étais; le début de "procédures d'évitement" mais même les instances d'église demeuraient impuissantes à la faire changer d'avis. Ma foi (ou du moins ce qui en restait) en a pris un coup.

    Très vite je me retrouve complètement seul dans notre grande maison, mon épouse ayant eu l'autorisation du juge de "quitter le domicile conjugal".

    Je commençais à réaliser que je serais définitivement livré à moi-même. Mais, entre les mains d'un psy très compétent, le désespoir ne m'a pas atteint; heureusement ! C'est bien souvent que, dans de tels cas, un destin heureux frappe à notre porte. J'ai, durant des mois, fait de nouvelles rencontres amicales, ressoudé d'anciennes un peu oubliées par la force des événements, plongé à fond dans des activités associatives, tenté de rester en phase avec les paroisses et certains pasteurs pour avoir un soutien.

    Et en effet le bonheur est venu frapper à ma porte (ou plutôt à mon écran d'ordinateur) lorsque j'ai fait la connaissance d'une "femme de l'Est".
    Mon "coming out"Très vite le courant a passé, des rencontres eurent lieu, et chacun étant libre, nous avons décidé de nous marier assez rapidement et de vivre dans son pays.

    Mariage civil ? oui - mariage religieux ? baigné durant près de 40 ans dans la religion, mon premier réflexe aura été de l'envisager mais, après mûres réflexions, et malgré le consentement de ma nouvelle épouse, j'y ai renoncé. Trop de mauvais souvenirs remontaient à la surface, m'empêchant de passer ce cap.

    Voila plus de 14 ans que nous vivons heureux avec chacun ses croyances, ou non-croyances. Plus de 14 ans que je n'ai plus mis les pieds dans une église sauf pour la visiter en touriste, pour y admirer sa beauté architecturale ou assister à des cérémonies. Plus de 14 ans que la Bible prend la poussière, après avoir fini de la lire du début à la fin.

    Mais en parallèle de cet abandon d'une pratique religieuse, je me suis aussi mis à réfléchir, à ne pas prendre les écrits bibliques au pied de la lettre, sans me poser des questions. Les évolutions scientifiques au fil des ans nous interpellent suffisamment ! L'ère internet est là pour répondre à nos interrogations. Et puis notre monde n'est-il pas complètement perturbé, bien souvent mis à feu et à sang à cause des religions ? Les différentes croyances, communautés revendiquent toutes "leurs vérités" ! Mais qui a raison, qui a tort ? Bible ? Coran ? Torah ?
    Je n'irais pas jusqu'à encenser Marx avec son "la religion est l'opium du peuple" car la religion reste capable d'atténuer les angoisses d'une soi-disant "vie après la mort", et d'être une béquille en cas de coup dur (maladie, dépression, perte d'un être cher...)
    Aujourd'hui j'ai du respect pour toutes les croyances, du moins pour celles qui respectent les autres mais je n'éprouve plus aucun besoin de fréquenter une quelconque église (d'ailleurs mes enfants non plus) et quel soulagement de vivre sans nulle pression conjugale ou familiale; bref un heureux "coming-out" !

    7 Nov. 2014, un an plus tard, la situation mondiale a largement empirée. Christianophobie, islamisation sanguinaire par l'EIIL, tentatives d'éradication de tout ce qui n'est pas conforme au Coran ! Je suis de plus en plus écœuré de toutes ces religions qui minent la vie quotidienne des humains. Le monde serait sans doute bien plus beau, plus calme sans toutes ces croyances d'un autre âge largement contrecarrées par nos connaissances scientifiques !
    J'ai pu rencontrer récemment un ancien collègue de bureau, qui, avec son épouse, sont des "chrétiens bien cuits", même un peu trop cuits ! Je les ai choqué par mes propos et bien sûr ils restent dans leur "trip céleste" convaincus d'un prochain retour du Christ. Je les laisse à leurs convictions; il fut un jour ou elles étaient aussi les miennes !

     

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